La Face cachée de la Chine
Par Leclercq, vendredi 14 avril 2006 à 19:48 :: General :: #101 :: rss
La Face cachée de la Chine, toute la vérité sur la plus grande jungle économique du monde.(livre de Jean-Marc et Yidir Plantade, Bourin Editeur, 281 pages, 20 euros)
Le monde entier est à l'heure chinoise. Hommes d'affaires, politiques, journalistes chantent sur tous les tons 'la formidable machine à croissance chinoise 'ou' la Chine, première puissance économique du XXIe siècle.
Et, peu à peu, s'installe en Occident la certitude que l'Empire du Milieu est un eldorado doublé d'une terre promise. Ceux qui connaissent vraiment la Chine savent, hélas, qu'il n'en est rien.En grattant la fine surface des tours de Shanghai ou des larges avenues de Pékin,on découvre la vraie Chine : un immense pays, opaque, corrompu,fraudeur, inégalitaire et dominateur.
Une jungle économique où l'étranger, surtout s'il est investisseur,a toutes les chances de se faire piéger.La face cachée de la Chine fourmille d'anecdotes concrètes et d'exemples inédits sur la manière dont les choses se passent réellement en Chine. Grâce à une connaissance approfondie de la mentalité chinoise,le livre donne également des clefs pour mieux s'armer avant d'affronter 'l'aventure chinoise'. Une enquête aussi indépendante qu'inquiétante sur la redoutable face cachée de la Chine.
extrait: Dans la province reculée de l’Anhui, au centre de la Chine, monsieur Sha passait volontiers pour le meilleur manager d’usine du groupe Asinco (propriété d’un fonds d’investissement américain) dans le pays. Monsieur Sha était responsable de la production de composants en caoutchouc (courroies de distribution…) à destination de l’industrie automobile. Jusqu’au jour où les Américains se sont rendu compte que Sha, au lieu de bien gérer l’entreprise, défendait surtout ses propres intérêts. Depuis plusieurs années, ce responsable indélicat avait fait construire dans la plus grande discrétion sa propre usine, un peu plus loin dans la vallée, et y produisait des pièces conformes à celles d’Asinco, le tout financé par un habile et discret siphonnage des comptes de l’usine d’Asinco. En d’autres termes, la veuve du Wisconsin ou le retraité de Los Angeles avaient financé à leur corps défendant leur propre contrefacteur. Mais, hélas, l’histoire ne s’arrête pas là.
Quand le pot aux roses a été découvert, Sha, on ne l’appelait plus alors monsieur Sha, a été licencié. Qu’à cela ne tienne, le directeur faussaire, sans se démonter le moins du monde, a fait fabriquer dans son usine des produits volontairement défectueux qu’il a introduits dans les emballages d’Asinco. Avant, ni vu ni connu, de les envoyer aux clients d’Asinco. D’où l’étonnement et la colère de ces derniers, qui décidèrent, in fine, de commander directement chez monsieur Sha. … Citons cette mésaventure survenue à un riche PDG allemand fasciné par la Chine et qui logeait dans un quartier résidentiel très privilégié près de Shanghai …. Un beau jour, notre PDG allemand s’est aperçu que son voisin le plus proche – il affichait un gros train de vie avec Porsche et tout ce qui va avec – ressemblait beaucoup à une silhouette déjà connue. Après enquête, ce jeune Chinois, la trentaine flamboyante, s’est révélé être son propre directeur des achats. Connaissant à peu près le salaire officiel de son cadre, le patron comprit vite l’existence d’un klein problème : il était, en effet, totalement impossible à son employé, qui ne gagnait guère plus de 1 500 euros par mois (ce qui est déjà énorme à Shanghai où le salaire moyen tourne autour de 300 euros mensuels), de se payer et la villa et la Porsche. En fait, cela n’était possible que grâce à la règle du dixième. … Un procédé fort simple qui veut que 10 % du prix d’achat revienne au responsable des achats, y compris sur les marchandises les plus banales comme de simples trombones, par exemple. Il suffit qu’il commande 1 million de trombones à 10 centimes pièce, et voilà 1 million de centimes bientôt dans sa poche. Et tout est à l’avenant. Non écrite, la règle du « dixième » est néanmoins très pratiquée, en toute discrétion bien sûr. Les fournisseurs chinois l’appliquent d’ailleurs tout à fait naturellement et ne se plaignent jamais aux échelons supérieurs d’avoir à verser des dessous-de-table. Il est vrai que les fournisseurs intègrent cette commission dans leurs tarifs ou n’hésitent pas à la facturer en plus et versent directement la commission au directeur des achats. Ces derniers ouvrent souvent des comptes spéciaux à l’étranger, à Hong-kong, aux Bahamas ou aux îles Caïmans politique-info.org