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Or non seulement nos voisins font mieux, mais nous-mêmes étions en bien meilleure situation jusqu'en 1973, date à partir de laquelle le peloton nous a laissé sur place. 1973 est justement l’année où la loi introduit le juge dans la gestion des entreprises, et celle qui précède l'arrivée au pouvoir du président Giscard d'Estaing.

Ce dernier, contrairement à Jean Monnet ou Antoine Pinay, ne connaissait pas l'entreprise et lança "l'enarchisation" des élites politico-économiques, aujourd’hui générale aussi bien à gauche qu'à droite. Les prélèvements obligatoires passent de 35 à 43 % sous sa présidence et le chômage s'accroît. Et maintenant, le recrutement du Parlement est tel qu’il n'a aucun intérêt à changer ce qui est. C'est donc à la "société civile" de réagir, et c'est ce que fait l’iFRAP.

L'auteur analyse ensuite les causes du chômage. À partir de 1980, la moitié de l’importante épargne des Français ne va plus aux fonds propres des entreprises, comme aux Etats-Unis, mais vers les obligations qui financent les déficits publics.

Quant au secteur bancaire, il reste largement entre les mains de l'Etat via non seulement les liens réglementaires et l’action des nombreux organismes publics, mais aussi par la fraternité entre les énarques du ministère des finances et ceux des organismes financiers publics et privés. Parallèlement l'emploi marchand est détruit au bénéfice de celui des administrations et des entreprises nationales, quasi nationales ou très récemment et partiellement privatisées : tout le secteur de la santé, la SNCF, la RATP, Air-France, les banques, l'éducation, la radio et la télévision, les agences placement (du monopole de l'ANPE) et même le cinéma par le biais de financement déresponsabilisants. Le marché commun a été inopérant face cette montée de l'étatisme, puisqu'elle a été le fait de services non exposés à la concurrence extérieure. Le chômage qui en résulte est illustré par le cas de France Telecom : dès la privatisation partielle et l'autorisation de la concurrence, l'emploi dans l'ensemble du secteur des télécommunications a explosé.

Autre spécialité française épinglée par Bernard Zimmern : l'agitation gouvernementale censée s'attaquer directement au chômage, incarnée par Martine Aubry avec les emplois jeunes et les trente-cinq heures. Mais, malgré le coût extrêmement élevé de ces mesures, la France a finalement créé moins d'emplois que ses voisins pendant la bonne conjoncture des années 1997-2000. Les multiples cercles officiels qui analysent I'économie française et notamment les causes du chômage (à commencer par le conseil d'analyse économique sur lequel s'appuie le premier ministre) sont composés essentiellement d'universitaires utilisant des modèles mathématiques et mécaniques qui reflètent leur déformation idéologique, alors que dans la réalité, l’économie est d'abord l'action des entrepreneurs.

Un autre chapitre traite du CNRS (deux fois le budget de la justice), modèle des autres organismes de recherche publique. Comme pour l'INSEE le coût, l'utilité de la recherche et sa censure par les syndicats donne des résultats catastrophiques en comparaison de ceux de l’Angleterre par exemple. Un autre intérêt de ce chapitre est d'intégrer la réponse du CNRS et l'interview d’un de ses anciens responsables.