L’idéologie de la consommation doit nécessairement inculquer le sens de l’excès et l’habiller de « vertu ». Le consommateur profite et il est bon qu’il cherche en permanence à profiter, car c’est de cette manière qu’il contribue aux profits de ceux qui produisent et aux profits de ceux qui font la promotion des produits. Nous avons vu avec quelle habileté la rhétorique publicitaire réalise ce tour de passe-passe avec les valeurs morales. Voyez à quel point nous sommes dominé par l’empire du quantitatif : compte de l’électorat de droite et de gauche, des heures passées à travailler, des coups gagnants, des femmes conquises, des milliards dans les coffres, des disques vendus, des résidences et des jours de vacances, des stock option, des voyages, du bonus de l’assurance, des fins de mois impossibles, des dettes écrasantes, des échéances déprimantes,